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par | 7 Mar 2024 à 14:03

Crise au Village des Péniches de Bordeaux : Entre Conflit et Survie

Temps de lecture : 2 minutes Les habitants du village des péniches de Bordeaux se retrouvent au cœur d'un bras de fer judiciaire avec le GPMB, opposés à une redevance doublée et à des conditions de déménagement inacceptables. Assignés en justice, ils décrient une prise d'otage et s'engagent dans un combat pour leur survie, mettant en lumière les difficultés des communautés fluviales face aux projets d'urbanisation des ports.
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Temps de lecture : 2 minutes

À Bordeaux, le village des péniches fait face à une situation critique. Les résidents, regroupés au sein du collectif Viti33, se trouvent au cœur d’un conflit avec le Grand port maritime de Bordeaux (GPMB) concernant leur déménagement forcé vers le bassin n°2. La principale pierre d’achoppement réside dans les conditions de ce déménagement, notamment le doublement de la redevance, jugé inacceptable par les habitants. En réponse, le GPMB a lancé une procédure judiciaire visant à expulser les pénichiers pour occupation sans droit ni titre.

 

Une Hausse de Redevance Controversée

Les habitants du village des péniches, qui refusent de signer la nouvelle convention proposée par le GPMB, dénoncent une augmentation drastique de leur redevance dans le cas d’un déménagement au bassin n°2. Sara, une résidente, exprime son incompréhension face à cette situation qu’elle assimile à une prise d’otage. « Dans quelle autre situation ce serait entendu comme quelque chose de normal de doubler le loyer de quelqu’un sans préavis ? », s’interroge-t-elle.

Renaud Picard, directeur administratif et financier du GPMB, justifie cette hausse par un rattrapage nécessaire, la redevance n’ayant pas suivi l’inflation depuis près de 20 ans. Selon lui, cette augmentation permettrait d’aligner les tarifs sur ceux du marché des Bassins à flot.

 

Des Négociations au Point Mort

Malgré l’ouverture affichée par Renaud Picard à la discussion, les habitants du village des péniches déplorent l’absence de véritable négociation. « Pendant deux ans on a essayé de collaborer avec le port, à chaque réunion on proposait des choses et il n’y avait aucune marge de négociation », affirme Sara.

 

Des Conséquences Potentiellement Désastreuses

Face à l’impasse du déménagement au bassin n°2 et à l’impossibilité de quitter le port de Bordeaux pour la majorité des péniches, devenues « des maisons flottantes » sans moteur, les habitants se trouvent dans une situation désespérée. Anahita Le Bourdiec souligne l’urgence de la situation : « Si on ne trouve pas de solution, le port va devoir faire détruire toutes les péniches et provoquer l’annihilation de ces 20 familles ».

Les résidents risquent également de lourdes contraventions de grande voirie s’ils refusent de se conformer à une éventuelle décision d’expulsion, avec des amendes pouvant atteindre 500 euros par jour et par habitant.

 

Un Combat pour la Survie

Alors que le tribunal administratif doit se prononcer sur cette affaire le 14 juin, les habitants du village des péniches se préparent à une longue lutte. « C’est une lutte pour notre survie qu’on mène », affirme Anahita, prête à faire appel en cas de décision défavorable, tout comme le port si ce dernier venait à perdre.

Cette situation met en lumière les tensions croissantes entre les besoins des résidents fluviaux et les projets d’urbanisation des ports. Les habitants du village des péniches luttent non seulement pour leur maison mais aussi pour le droit à une vie digne face à des politiques jugées inéquitables.

gcope

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