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par | 21 Mai 2024 à 10:05

Ryanair dit « au revoir » à Bordeaux: stratégie ou fuite?

Malgré des profits astronomiques, Ryanair décide de fermer sa base à Bordeaux, laissant derrière elle des questions brûlantes sur l'éthique de ses opérations et le futur des employés affectés. Cette fermeture soulève des inquiétudes majeures sur les stratégies des géants de l'aviation et leur impact sur les communautés locales, exacerbant les tensions entre les économies à court terme et la stabilité à long terme du secteur.
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Ah, Ryanair. Le géant du low-cost, celui qui peut vous envoyer de Paris à Palerme pour le prix d’un bon repas parisien, vient de lancer une bombe sur le tarmac bordelais : adieu la base de Bordeaux-Mérignac. Pourquoi donc? Officiellement, c’est à cause d’une « augmentation des coûts ». Mais entre nous, il y a sans doute plus de turbulences dans cette affaire que lors d’un vol par vents contraires.

Le ciel se ferme à Bordeaux

L’annonce est tombée comme un couperet : malgré un bénéfice annuel record de deux milliards d’euros en 2023 et plus de 183 millions de passagers joyeusement transportés, Ryanair fermera sa base à Bordeaux en novembre 2024. Ce choix laisse 90 salariés dans un brouillard aussi épais que celui qui enveloppe les vignobles bordelais un matin d’automne.

Un modèle de couture, vraiment?

Ryanair, cette compagnie irlandaise, aime se vanter de ses prix bas, mais n’est-ce pas au détriment de quelque chose de plus grand? Le modèle low-cost a transformé le ciel européen en une sorte de marché aux puces volant, où le moins cher l’emporte souvent sans se soucier des retombées. Et ne parlons même pas de l’impact environnemental. Moins cher, oui, mais à quel prix?

Syndicats en colère, Ryanair en mode évasion

Le SNPNC-FO, le principal syndicat des hôtesses et stewards chez Ryanair, n’a pas mâché ses mots. Stéphane Salmon, le président, dénonce un départ à l’anglaise (ou à l’irlandaise, pour le coup), accusant Ryanair de vouloir « aller se vendre ailleurs vers d’autres territoires pour mieux les piller par la suite. » L’aéroport de Bordeaux-Mérignac, quant à lui, s’est retrouvé pris dans les filets des aides publiques « non transparentes » et « considérables » qui ont attiré des compagnies comme Ryanair en premier lieu.

Quel avenir pour les employés Ryanair?

Le plus amer dans tout cela reste le sort des employés. Avec une clause de mobilité qui semble tout droit sortie d’un contrat de mercenaire, ces 90 travailleurs pourraient se retrouver à déménager au hasard en Europe. Imaginez recevoir un mail vous disant: « Salut, demain, vous travaillez en Roumanie. Faites vos valises! » Pas vraiment le genre de mobilité rêvée.

Bordeaux peut-il se relever?

Bordeaux n’est pas juste une escale dans le réseau de Ryanair, c’est un symbole de l’expansion et parfois de l’exploitation par les géants du low-cost. La fermeture de cette base pourrait sonner comme un réveil brutal pour les aéroports qui flirtent avec le modèle low-cost, pensant y trouver leur salut financier. Peut-être est-il temps de repenser les stratégies aéroportuaires pour qu’elles profitent à tous, pas seulement à ceux qui vendent des billets au rabais.

Alors, Ryanair part, et avec elle, une partie du ciel bordelais se vide. Mais c’est aussi une occasion de remettre en question notre approche du voyage aérien et son impact sur les communautés locales. Et si la prochaine fois que vous voyez un billet à 10 euros, vous vous demandiez : « D’accord, mais à quel prix réel? » Ryanair et d’autres compagnies doivent comprendre que voler bas prix ne devrait pas signifier voler à nos valeurs. Et pour Bordeaux, peut-être que le vrai voyage commence maintenant.

gcope

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