Logo LES PAVÉS BORDELAIS

par | 25 Mar 2024 à 14:03

Rue Voltaire : Luxe ou exclusion à Bordeaux ?

Bienvenue sur la rue Voltaire à Bordeaux, où chaque mètre carré coûte l'équivalent d'un petit trésor. Cette rue, devenue le symbole de l'élitisme immobilier, soulève une question brûlante : Bordeaux est-elle encore la ville de tous, ou juste celle des plus fortunés ?
Temps de lecture : 2 minutes

Allez, emballez vos rêves d’une vie tranquille et économique à Bordeaux, et dites bonjour à la rue Voltaire, le nouveau lieu de pèlerinage pour les portefeuilles bien garnis. Oui, mes chers lecteurs, dans la course effrénée pour le titre de l’avenue la plus chère, la rue Voltaire vient de coiffer au poteau toutes ses concurrentes bordelaises. Avec un prix au mètre carré qui fait pleurer le commun des mortels, cette rue devient le symbole de l’élite, le Graal immobilier… ou le dernier clou sur le cercueil de l’accessibilité.

L’élite a trouvé son nouvel éden

Imaginez un peu, 6 579 € le mètre carré. C’est presque assez pour envisager d’acheter un placard… si vous êtes chanceux. Rue Voltaire, si le bitume était en or, ça ne surprendrait personne. Et le plus drôle dans tout ça ? Elle n’atteint même pas les sommets de Paris ou Cannes. Oui, Bordeaux se classe huitième, un score honorable pour les Jeux Olympiques de l’immobilier, mais un cauchemar pour quiconque espérait y poser ses valises sans vendre un rein.

Le quartier de la place des Grands Hommes, ça vous dit quelque chose ? Un nom prédestiné, parce que pour y vivre, il faut soit être un « grand homme » du portefeuille, soit un héritier caché de Jeff Bezos. Rue Voltaire, on ne déambule pas, on défile. Chaque pas sur le pavé est un rappel que dans cette ville, l’histoire et la monnaie sont de vieilles amies.

Un goût amer dans la bouche des bordelais

Mais alors, que reste-t-il pour le commun des mortels ? Une ville où même l’air que l’on respire semble indexé sur le CAC 40 ? Bordeaux, avec ses quais charmants et ses rues pavées, semble désormais réserver ses sourires aux plus fortunés. Et pendant que les investisseurs se frottent les mains, le reste de la population se demande si vivre à Bordeaux ne va pas bientôt se conjuguer au passé.

Une ville à deux vitesses

Entre le quartier de l’Hôtel de Ville et les Chartrons, les prix grimpent, et les espoirs chutent. SeLoger, MeilleursAgents, peu importe le prophète, le message est le même : préparez vos bourses, ou préparez vos valises. Et pour les jeunes, les artistes, les familles ? Eh bien, il reste toujours la contemplation de la Garonne, parce que pour le reste, il faudra repasser.

Et maintenant?

Alors, que faire ? Se résigner et laisser Bordeaux devenir le nouveau Monaco, ou se battre pour une ville à la diversité préservée ? Rue Voltaire, avec tes airs de grande dame, tu fais rêver, mais tu fais surtout réfléchir. Bordeaux, ville de cœur, ne devrait pas devenir ville de porte-monnaie.

Alors, chers Bordelais, chers lecteurs, c’est l’heure du choix : laisser la ville aux mains des enchérisseurs ou réinventer ensemble un Bordeaux plus accessible, plus vivant, plus vrai. Car après tout, les meilleures bouteilles de vin sont celles que l’on partage.

Pierre François

Pierre François

Pierre François

Pierre François

Auteur / Economiste / Sociologue

👔 Sociologue et Chercheur
📍 Basé à Paris | Spécialiste en sociologie économique et sociologie de l’art
🎓 Formé à l’École Normale Supérieure et à l’Institut d’Études Politiques de Paris
🤝 Dirige des projets de recherche centrés sur le capitalisme et l’assurance
🌍 Intéressé par les liens entre économie, culture et société
💼 A publié sur des thèmes variés liés à l’économie et à l’art
📸 #Sociologie #Économie #Culture